Bienvenue au monde bébé Tom

Il y a un mois, je publiais un article où je me livrais sur mon alitement forcé durant la fin de ma grossesse. Fin août et lors de ma deuxième hospitalisation pour menace d’accouchement prématuré, j’ai commencé ce billet d’humeurs, parce que je ressentais une nouvelle fois l’envie de partager avec vous toutes mes frustrations et aussi mes peurs. Et puis Tom est arrivé le 2 septembre dernier et j’aurais tout simplement pu effacer les quelques lignes que j’avais tapées sur mon portable depuis ma chambre d’hôpital… mais parce que cette période fait partie de notre histoire après tout, j’ai choisi de les laisser et surtout, de revenir sur l’arrivée de ce cher petit être dans nos vies.

Naissance bebe prématuré

Tenir debout, allongée

Naissance bébé prématuré

Après une première semaine d’hospitalisation et une surveillance à domicile, je pensais et je croyais dur comme fer pouvoir terminer tranquillement ma grossesse à la maison, allongée certes mais à la maison, avec pour objectif de parvenir jusqu’au terme. Et puis ce jeudi 31 août, alors que ma sage-femme s’apprêtait à retirer le monitoring qu’elle m’avait posé une demi-heure plus tôt, alors que nous discutions de l’utilité du ballon de grossesse pour faire descendre le bébé dans le bassin au moment du travail… j’ai senti que quelque chose n’allait pas. Une grosse contraction – que je ne ressentais pas car non douloureuse – avait considérablement fait ralentir le rythme cardiaque de mon tout petit. J’ai gardé mon calme, après tout, ce n’était pas la première fois, mais je n’en menais pas large et priais intérieurement pour que les chiffres augmentent à l’écran, ce qui s’est produit au bout de 5 longues, très longues minutes. Parce que cela ne pouvait pas être pris à la légère, ma sage-femme s’est occupée d’appeler les pompiers tout en répétant au téléphone les mots « souffrance fœtale », une formule d’ailleurs effrayante qui continue de me faire froid dans le dos. Rebelote, direction l’hôpital, que j’avais quitté deux semaines plus tôt. Allongée sur le brancard dans le véhicule filant sur l’autoroute, sirène activée, j’ai bien cru que j’allais devoir accoucher en urgence dès mon arrivée, seule sans le futur papa. Rien que cette idée suffisait à me faire pleurer et les pompiers à mes côtés ne pouvaient rien y faire. Il était 18h quand je suis arrivée en salle de pré-travail, où j’ai été placée sous surveillance monitoring pendant 3h. De nouveau, une contraction a fait ralentir le cœur de mon bébé pendant quelques secondes, faisant alors s’interroger l’équipe médicale.

Ce soir-là, quand je suis rentrée en chambre, j’avais beau me dire qu’il ne fallait pas pleurer, les rivières ne cessaient de déborder. Il était plus de 22h et je me complètement sentais désemparée. Quelques heures plus tôt, j’étais tranquillement allongée sur le canapé de mon salon, avec mon bouquin et mes séries comme compagnies et je me retrouvais de nouveau dans cette chambre – la même que celle où j’avais été plus tôt – si froide, sans affaires autres que mon sac à main et mon oreiller, et sans même un pyjama pour passer la nuit. Pour couronner le tout, au téléphone avec mon chéri, je ressentais pour la première fois son désarroi face à la situation.

Le paradoxe de la future maman alitée

Naissance bebe prématuré

Le vendredi, les monitoring ont continué, le matin, l’après-midi, le soir et tout semblait bien aller, ce qui me rassurait et rassurait mes proches par la même occasion.

Pour ne pas voir le verre à moitié vide, je ne cessais de me répéter que j’étais entre de bonnes mains et que même si le bébé venait à naître, une équipe compétente serait à même d’assurer son bien-être au sein d’une plateforme technique à la pointe.

Ainsi j’indiquais à mes proches que tout allait bien, mais en même temps, je pleurais en écrivant des SMS ou je m’effondrais après avoir passé un coup de fil.

Le paradoxe, c’était donc cela : essayer de se rassurer et rassurer les autres tout en en étant pas convaincue moi-même. La vérité c’était que j’étais morte de trouille de donner naissance à ce petit être dans l’urgence, loin, bien loin de l’idée de l’accouchement que je m’étais faite.

Ce jour-là…

Naissance bebe prématuré

Et dans la nuit du vendredi au samedi, alors que je peinais à trouver le sommeil, j’ai recherché sur Internet des informations liées à ces deux mots qui avaient été répétés plusieurs fois la veille: souffrance fœtale. Alors que je ne l’avais pas envisagé, en lisant plusieurs articles à ce sujet, j’ai compris que j’allais sûrement devoir accoucher par césarienne, afin de ne pas davantage fragiliser le bébé par des contractions. Je me suis faite à l’idée et tout cela a germé dans mon esprit pendant la nuit.

Ce samedi 2 septembre, routine de l’hospitalisation pour grossesse à risque, il était 9h quand on m’a posé le premier monitoring de la journée. J’avais mal dormi et très vite, je me suis assoupie au rythme du cœur du bébé dont le bruit des battements m’était bien perceptible. Cela faisait environ une demi-heure que le monitoring était posé quand, depuis mon état somnolent, j’ai entendu les battements se faire de plus en plus discrets, si discrets que j’ai tout de suite ouvert grand les yeux en direction de l’écran faisant apparaître les chiffres des pulsations. In utero, le rythme cardiaque du bébé oscille entre 120 et 180. En 3 semaines d’hospitalisation et de suivi à domicile, je connaissais cet écran par cœur, j’en reconnaissais toutes les sonorités. Et là, sans rien pouvoir faire, je voyais les chiffres diminuer. 100 puis 80 puis 62. Je mobilisais alors toutes mes pensées vers mon tout-petit et appelais le personnel médical à l’aide de la télécommande. Pour la première fois, j’ai senti une tension chez la sage-femme venue me contrôler. Le rythme était descendu bien bas et il fallait vite intervenir. Je me souviendrai toujours des mots de la médecin-gynécologue appelée en urgence à ce moment-là : « Vous êtes à 35 semaines. Il faudrait peut-être le faire sortir ce bébé!« . Alors que le cœur du bébé reprenait un rythme normal (ce qui m’évitait une césarienne pratiquée en urgence), je suis partie en salle d’accouchement, moi et toutes mes peurs quant à la suite. Là, la médecin m’a fait part de ses interrogations : fallait-il le faire sortir maintenant, à 6 semaines de la date prévue d’accouchement, avec tous les risques liés à la prématurité ? Fallait-il le laisser in utero avec tous les risques liées aux anomalies cardiaques qui le fragilisaient ? Parce que le rythme cardiaque avait très bien repris, la médecin m’a laissée sous monitoring le temps de réfléchir à la réponse. Mais la réponse a finalement été toute trouvée car en 1h30 de monitoring, deux contractions ont de nouveau fait vaciller son petit cœur, jusqu’à faire dire à la médecin « ça suffit, ce n’est plus possible« . Et là, et je lui en serai toujours reconnaissante, elle a su trouver les mots pour me rassurer à l’idée qu’une césarienne allait être pratiquée dans l’après-midi. Soulagée, j’acceptais cela avec sérénité car j’étais convaincue qu’il s’agissait de la meilleure solution. Nerveusement je n’en pouvais tout simplement plus. Et mon chéri est arrivé, heureux de devenir papa ce jour-là. Bien que fatigué, il a su me transmettre sa bonne humeur et c’est ainsi que nous avons patienté deux heures complètement détendus. Tout allait bien se passer, car nous étions ensemble pour accueillir ce bébé dans de bonnes conditions.

Naissance bebe prématuré

Je ne m’étalerai pas sur l’opération en elle-même si ce n’est qu’elle s’est bien déroulée en compagnie d’un personnel médical bienveillant qui prenais le temps de tout m’expliquer. Charlotte vissée sur le crâne, mon chéri me faisait rire et m’a considérablement aidée à appréhender cette étape.

Ton arrivée

Naissance bebe prématuré

Mon tout-petit, tu es arrivé si vite que je ne me suis même pas rendu compte que la sage-femme t’emmenait avec elle. J’ai juste eu le temps d’apercevoir le haut de ta tête et ton corps complètement emmailloté dans une couverture. J’étais apaisée, j’avais toute confiance en l’équipe médicale et je laissais ton papa te découvrir.

Allongée sur la table d’opération, les minutes ont paru des heures et je ne savais rien de ce qui se passait. Et puis ton papa est arrivé tout heureux, m’indiquant que tu allais bien, que tu respirais tout seul et que tu étais un beau bébé de 2,557 kg, poids qui avait surpris tout le monde étant donné les estimations plus basses.

Et puis je t’ai enfin vu grâce à la sage-femme te tenant à bouts de bras. Quelques secondes pour te faire un bisou et me faire comprendre que ça y est, j’étais la maman d’un petit être se montrant déjà super vaillant malgré sa prématurité.

Placée en salle de réveil, j’étais complètement apaisée de savoir que tout allait bien et je suis sûre qu’on pouvait lire sur mon visage somnolent un sourire de satisfaction.

Naissance bebe prématuré

La suite, c’est le retour en chambre dans l’unité bébé kangourou et toute l’émotion de te voir d’abord si bien dans les bras de ton papa avant de rejoindre les miens pour le début d’une belle aventure…

Bienvenue au monde mon petit Tom <3

9 comments Add yours
  1. Merci pour ce partage. Je suis trés heureuse que bébé Tom aille bien et que tout se soit bien terminé, aprés ces longues heures d’angoisse…je lui souhaite une douce vie.

  2. Merci Marylou de nous avoir livré ton histoire si émouvante mais où l’on sent aussi l’angoisse que peut ressentir une future maman! Quel magnifique cadeau de la vie que ce petit Tom! Et au delà de l’arrivée de ce beau bébé dans ta vie, je suis sure que ce témoignage saura rassurer en temps voulu les futures mamans inquiètes! gros bisous à vous 3 et surtout soyez heureux!

    1. Merci beaucoup Marie pour ta lecture et ton message 🙂 Je tenais tellement à livrer ce récit alors je suis contente s’il peut rassurer 🙂 des bisous

  3. Une histoire difficile .. émouvante .. la réalité qui nous rattrape sur beaucoup de rêves mais l’amour triomphe de tout ❤️ Le chemin de l’acceptation est long pour les situations inattendues mais petit Tom est la et sa maman est merveilleuse ❤️

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